BARRAGE DE LA CHAL - LES TRAVAUX SONT SUSPENDUS - COMMENT VALORISER LES MATÉRIAUX DE CHANTIER ?
Publié le jeudi 18 décembre 2025 - Saint-Colomban-des-Villards
La première phase de la modification du barrage de La Chal s’est achevée le 17 décembre 2025, conformément aux engagements de la société qui l’exploite, SHEMA, filiale d’EDF.
La totalité de la structure en béton de la prise d’eau a été déconstruite (voir photo), et le barrage est désormais ouvert sur une vingtaine de mètre. Ce qui permet la libre circulation du Glandon. Environ 150 tonnes de déchets de chantier – ferraille essentiellement –, ont déjà été évacués du site.
« Le chantier est fermé depuis le 18 décembre 2025, et pour tout l’hiver, précise Aude Poinot, Chef de projets. La société Guintoli qui réalise ce chantier, reviendra en mars ou avril 2026, en fonction de la météo, pour commencer à évacuer les matériaux sédimentaires inertes du site.
À ce propos, les déblais de matériaux ont largement dépassé les évaluations initiales en raison de la crue du Glandon du 30 juin 2025 (38 000 mètres cubes avant cette crue).
La balance de déblais et de remblais dans le cadre de ces travaux de réaménagement du site du barrage est aujourd'hui excédentaire d’environ 71 000 mètres cubes.
L’idée première était d’évacuer tous ces matériaux vers des centres de stockage spécialisés de la vallée par des camions bennes. Ce qui représente un trafic routier estimé à environ 6 000 camions semi-remorques, au printemps prochain, sur la route communale de La Chal et la route départementale (RD927), qui relie les usagers à Saint-Étienne-de-Cuines.
« Face au volume important des matériaux à évacuer et à transporter, on mesure l’importance des enjeux pour la commune et SHEMA, précise le maire de Saint-Colomban-des-Villards, Pierre-Yves Bonnivard. D’abord un enjeu économique pour l’exploitant du barrage en raison du coût du transport des matériaux et leur stockage dans des centres spécialisés. Sur un autre plan, il faut évoquer un impact purement local, notamment pour la population. Est-il raisonnable de faire subir aux administrés un tel trafic de camions, avec tout ce que cela suppose :
- des risques accrus d’insécurité sécurité routière résultant de la cohabitation de camions, de motards et de cyclistes de passage ;
- des nuisances sonores à une période où il fait bon vivre à l’extérieur des maisons.
Enfin, il faut ajouter un impact environnemental avec la libération par les moteurs des camions d’une grande masse de gaz à effet de serre avec un bilan carbone très négatif. »
La voie de la valorisation des matériaux…
L’ensemble de ces impacts a logiquement conduit SHEMA et la commune à envisager une solution alternative pour limiter le plus possible le trafic des camions et ses nuisances.
Finalement, l’idée de réemployer localement des dizaines de milliers de mètres cubes de matériaux a été retenue. Plusieurs sites ont été identifiés dans la commune pour effectuer avec ces matériaux divers travaux d’aménagement utiles aux artisans et agriculteurs locaux pour leurs activités professionnelles.
À noter que l’ensemble de cette opération de réemploi de matériaux sera réalisée par la société Guintoli sous la responsabilité de la commune et aux frais de SHEMA. Une convention signée le 16 décembre par les trois partenaires encadre et fixe les modalités et conditions de cette opération.
Pour le maire, « c’est une solution gagnant-gagnant, car elle apporte satisfaction à la commune et à SHEMA tout en servant l’intérêt général. »
Trois zones distinctes sur le territoire communal sont concernées par la valorisation des matériaux : deux pour l’aménagement de plateformes de travail pour les artisans et agriculteurs, l’autre pour l'amélioration d'un terrain agricole.
Création de 2 plateformes à usage artisanal et agricole
- En bordure de la déchèterie
Le premier projet est la création d’une plateforme de stockage, voire de travail, pour les artisans et agriculteurs locaux en bordure de la déchèterie intercommunale, sous le hameau de Lachenal, le long de la RD 927 (voir photo).
Sur un terrain communal de plus de 2 000 mètres carrés, des artisans et agriculteurs locaux pourront s’installer pour travailler et entreposer leur matériel sous réserve d’obtention des autorisations administratives.
Le remblai par compactage aura de un à cinq mètres d’épaisseur selon la zone, ce qui représente le réemploi d’environ 5 700 mètres cubes de matériaux provenant du site du barrage.
- À Pouchette
Le deuxième projet est la création d’une plateforme de stockage, voire de travail pour les artisans et agriculteurs locaux, si les activités ne sont pas bruyantes. Et ce, pour préserver le cadre de vie des riverains. Le terrain est localisé à Pouchette, à proximité du pont de Nanchenu.
Les parcelles n’appartenant pas encore à la commune devront être acquises ou sécurisées au moyen d’accords fonciers avec les propriétaires avant le début des travaux.
La surface utilisable par la commune serait d’environ 3 400 mètres carrés. Le volume indicatif possible de matériaux réemployables sur ce site serait de l’ordre de 5 000 mètres cubes, en fonction des déblais déjà présents sur le site et provenant de la démolition du bâtiment G par la commune, en septembre 2025.
Les professionnels locaux intéressés pour disposer d’un emplacement sur ces deux plateformes peuvent d’ores et déjà prendre contact avec la Mairie pour s’identifier et faire part de leurs besoins.
Terrassement d’un terrain agricole
- À l’Échet
La troisième solution de réemploi des matériaux consiste à réaliser le terrassement et la valorisation d’un terrain agricole. Elle viserait à améliorer les performances agronomiques d’une grande parcelle appartenant à la commune et située à l’Échet, en bordure de la route du col du Glandon, sous le terrain de football. Sous-utilisé par la commune, ce terrain est actuellement exploité par un agriculteur, sous bail d’affermage.
Afin d’optimiser l’exploitation agricole du secteur, il est nécessaire d’uniformiser le terrain de sorte à pouvoir l’exploiter à la fois en pâturage et pour de la production de foin.
Les travaux de terrassement qui seront réalisés par la société Guintoli comptent plusieurs interventions :
- décaisser une partie de la terre végétale présente sur le site et la stocker ;
- apporter les matériaux et effectuer un remblai (environ un mètre d’épaisseur, en moyenne) en uniformisant et aplanissant le terrain ;
- récupérer et étaler sur le remblai la terre végétale initialement enlevée.
Une couche de fumier pourrait être épandue sur le secteur afin de le fertiliser et favoriser la croissance des végétaux.
Le terrassement de ce terrain pourrait permettre le réemploi d’une surface agricole de la commune d’environ 20 000 mètres carrés. Quant au volume indicatif possible de matériaux réemployables, il serait de l’ordre de 20 000 mètres cubes.
La commune de Saint-Colomban-des-Villards s’engage à réaliser un suivi agronomique de ce secteur conformément aux recommandations des experts.
D'autres solutions de réemploi des matériaux à Saint-Colomban-des-Villards sont encore à l'étude.
Rendez-vous au printemps prochain…
« Les travaux de chenalisation du lit du Glandon et de réalisation de la prise d’eau se dérouleront sur 2026, 2027, indique le chef de projet, et probablement jusqu’en 2028 en raison de la très grande quantité de matériaux à gérer sur le site.
SHEMA travaille à l’optimisation du phasage des travaux pour limiter au maximum leur durée, leurs nuisances et leur impact sur l’environnement. »
Le message d’Aude Poinot…
" Un projet qui a du sens"
Alors qu’elle s’apprête à quitter ses fonctions de Chef de projet chez SHEMA (*) pour poursuivre sa carrière, en Suisse, Aude Poinot a souhaité adresser un message personnel à tous les acteurs et partenaires du projet de réaménagement du barrage de La Chal.
« La centrale hydroélectrique de Saint-Alban-des-Villards est un aménagement clé de la Maurienne. La production électrique décarbonée doit être assurée, et c’est pourquoi, après trois ans de travail sur ce projet, 16 solutions étudiées, un millier de calculs, d’analyses, de choix techniques et d’innombrables réunions, je suis fière d’avoir participé à l’aboutissement d’un projet qui répond aux enjeux du site.
Tous les acteurs et partenaires de ce projet ont uni leurs compétences pour une réalisation qui a du sens localement, techniquement et environnementalement.
Ce projet me tient particulièrement à cœur : non seulement parce qu’il pose des questions techniques pointues, mais également parce qu’il répond à mes convictions écologiques, mais aussi et surtout parce qu’il m’a permis de travailler avec les premiers concernés par un tel aménagement : les riverains de La Chal. Nos voisins.
Grâce à eux et à toute l’équipe communale, nous avons pu aboutir, ensemble, à un projet qui a du sens.
Je sais que la période des travaux est longue, bruyante, pénible… Mais elle est nécessaire pour faire aboutir cette belle réalisation. Je compte sur vous, sur votre vigilance lors des travaux (la sécurité avant tout) et sur votre bienveillance pour aller jusqu’au bout.
Rendez-vous en 2028 pour l’inauguration ! »
(1) Le nouvel interlocuteur SHEMA sur ce projet est Alexandre Goncalves, qui a déjà rencontré une grande partie des interlocuteurs.
(2) SHEMA, Hydrostadium, ECCEL Environnement, Esquisse Paysage, Guintoli, ETRM, les pôles Ouvrages Hydroélectriques et Concessions de la DREAL, l’OFB, la Commune, et tant d’autres.
Publié par Mairie de Saint-Colomban-des-Villards


